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Randonnée au fond du Grand Canyon

La veille de la randonnée, un double arc-en-ciel brille en soirée au-dessus de l’hôtel El Tovar sur le bord Sud du Grand Canyon.

La veille de la randonnée, un double arc-en-ciel brille en soirée au-dessus de l’hôtel El Tovar sur le bord Sud du Grand Canyon.


Article et photos par Charles Williams

Charles est le rédacteur en chef du magazine Pursuits with Enterprise. Envoyez un courriel à l’auteur.

Six membres de la famille entrent dans la nature pour y tisser des liens.

Je n’ai pas l’habitude de rencontrer des sentiers en lacet dans ma vie quotidienne. Donc, je dois avouer avoir hésité en regardant les quatre derniers kilomètres du sentier Bright Angel. Comme plusieurs expériences potentiellement éprouvantes, la randonnée dans le Grand Canyon n’était pas mon idée.

Après la mort de mon père, il y a deux ans, j’ai cherché une citation que je pourrais écrire sur l’étiquette de bagage de ma mère pour l’inciter à voyager seule pour la première fois en 58 ans. J’en ai choisi une simple par John A. Shedd, « Un navire amarré au port ne court aucun danger, mais ce n’est pas à cela que sert un navire ». Le processus m’a servi d’inspiration d’aller au-delà de ma propre zone de confort et de prendre plus de risques.

Plus de 5,5 millions de personnes visitent le Grand Canyon chaque année, mais moins de 1 % de ces personnes descendent jusqu’au fond. J’ai toujours été parmi ceux qui s’émerveillent devant la lumière changeante, du bord nord et du bord sud, et qui poursuivent leur trajet. Mais cette fois-ci, je voulais me pousser au bout de mes limites, physiquement et mentalement, afin de vraiment vivre l’expérience d’une des sept merveilles naturelles du monde, et non pas de seulement la regarder en passant.

Six d’entre nous ont commencé la descente de 13 kilomètres sur le sentier South Kaibab en direction de Phantom Ranch, qui se trouve au fond du canyon. Trois d’entre nous, moi-même et mes frères, John et Steve, représentaient la foule enthousiaste des plus de 50 ans. Les trois autres, mes neveux Justin et Taylor, et Daniel, le mari de ma nièce, étaient tous dans la vingtaine. La randonnée avait pour but de resserrer les liens familiaux, mais comme j’ai vite appris, personne ne veut resserrer les liens avec un lambin.

Le sentier South Kaibab est escarpé et les fortes pluies de la nuit précédente avaient laissé des flaques d’eau partout. À mesure que nous descendions, les distractions s’estompaient et le paysage minimaliste offrait un miroir pour la réflexion personnelle. Du moins, c’était le cas lorsque nous n’étions pas préoccupés à éviter les excréments de mulet omniprésents.

Mesurant 445 kilomètres de long, 29 kilomètres de large, le Grand Canyon a été méticuleusement sculpté par le fleuve Colorado depuis 3 à 6 millions d’années. Il est facile d’être hypnotisé par sa beauté, surtout lorsque les jeux de lumière changent l’apparence des murs sculptés. Parfois, les randonneurs se concentrent tellement à ne pas faire de faux pas qu’ils oublient de s’arrêter et d’apprécier la splendeur. Nous nous sommes arrêtés après environ deux kilomètres; avons fixé nos objectifs à angle de capture le plus large; et avons photographié le paysage époustouflant.

Justin, Taylor et Daniel n’ont manifesté aucun intérêt à ralentir pour prendre des photos ni pour aucune autre raison et ils ont filé vers le bas sans nous.

Malheureusement, l’équipe de lambins, composée de Steve, John et moi, a commencé à éprouver des vents contraires. Nous avions commencé notre trajet à 8 h et notre objectif initial était d’atteindre le bas en une demi-journée. Mais, à mesure que le soleil se levait et que la chaleur augmentait, notre nouvel objectif était devenu plus noble : atteindre la cantine du Phantom Ranch avant qu’elle ne ferme à 16 h. « Une bière froide! Une bière froide! » est devenu notre cri de ralliement lorsque les genoux épuisés fléchissaient sous le martèlement constant de chaque pas.

Les chaussures de randonnée de John ont commencé à se désintégrer dans la chaleur accablante : d’abord un orteil, puis un autre, suivi d’un talon, ce qui a entraîné une chute brutale et des genoux ensanglantés. J’imaginais les buses qui survolaient au-dessus de nos têtes.

Nous avons finalement atteint le bas à 4 h 05 La boisson froide à laquelle je rêvais depuis les quatre dernières heures s’est évaporée en 300 secondes. Entre-temps, les gars s’étaient rafraîchis dans le ruisseau, avaient rendu visite à la cantine, s’étaient baignés de nouveau, et s’étaient désaltérés encore une fois. Pendant qu’ils discutaient de la possibilité de reprendre la randonnée en soirée, j’essayais d’imaginer quelle blessure je pourrais feindre pour qu’un hélicoptère vienne me chercher. Ni l’un, ni l’autre des choix s’est concrétisé.

Malgré les mésaventures de la descente, il régnait un sentiment de réussite une fois que nous étions arrivés à Phantom Ranch. Le Phantom Ranch est opérationnel depuis 1922 et il est quasi impossible d’y obtenir une réservation. Les cabines, les terrains de camping et les dortoirs sont réservés 13 mois à l’avance. J’ai été chanceux d’avoir un lit dans un dortoir climatisé qui accueille 10 personnes.

La vue du fond du canyon est inégalée. Depuis le bord, le fleuve Colorado n’est qu’un ruban fin. Mais d’ici, c’est un torrent tumultueux, sans aucun doute alimenté par les averses. Les parois du canyon s’élèvent sur presque deux kilomètres, offrant une perspective exceptionnelle. Au fur et à mesure que le soleil disparaît et que les étoiles apparaissent, vous réalisez que vous êtes dans un endroit spécial.

La cantine sert également de restaurant et le menu inclut un ragoût et des plats aux légumes ou au bifteck. Les repas ne sont pas bon marché, mais ils en valent la peine, étant donné que vous n’avez pas à transporter de nourriture. Les accompagnements étaient servis à volonté et généreux. Gâtez-vous. Après tout, vous faites maintenant partie d’un groupe de « un-pourcentistes ».

Alors que d’autres occupants du dortoir se sont couchés à 19 h 30, j’ai choisi de visiter la cantine, qui avait rouvert à 20 h. Tout en prenant une bière, les gars partageaient leurs réflexions en s’assurant d’éviter les sujets trop émotifs ou trop sérieux. Je me suis fait narguer parce que l’indice de mon écran solaire est trop élevé (FPS 70) et que mes plus beaux jours de consommation d’alcool étaient derrière moi. Deux points que j’hésitais à argumenter.

À 4 h 30, quelqu’un à frapper à la porte du dortoir. « C’est la première alerte pour déjeuner », cria-t-il. Avis aux noctambules : on ne fait pas la grasse matinée au Phantom Ranch.

Heureusement, le garde forestier était assez habile pour réparer les chaussures de randonnée de John à l’aide de cinq vis et d’une bonne quantité de ruban adhésif. « Frankenpied » allait de nouveau marcher.

Après un déjeuner tardif, nous avons décidé de prendre le sentier Bright Angel pour le trajet du retour. Bien qu’il soit plus long à 15 kilomètres, il semblait plus agréable, surtout les premiers kilomètres qui longeaient la rivière et les ruisseaux. Le ruissellement de l’eau, l’ombre rafraîchissante et la pente relativement facile du sentier ont fait de cette partie de la randonnée du Grand Canyon ma préférée.

Naturellement, les garçons se sont propulsés devant nous et nous ont rencontrés à Indian Garden, le point central du sentier Bright Angel et une excellente halte. Nous avons apprécié la nourriture déshydratée, autant que cela puisse être possible, et nous avons parlé de notre plan d’origine de camper ici pour la nuit. Pourquoi se mettre de la pression quand le voyage de retour pourrait être étalé sur deux jours? Pendant que nous débattions les avantages et les inconvénients, les garçons ont repris le sentier, avec la tente et la cuisinière dans leurs bagages. Cela nous a facilité de beaucoup la décision.

Lors de la descente, Taylor avait transporté certains de mes vêtements dans son sac à dos en échange d’argent pour la bière. J’avais décidé que mon dos valait bien quelques dollars. Maintenant, les garçons nous suppliaient de leur donner tout le matériel lourd, et ce, sans compensation, juste pour garantir que nous nous en sortions vivants. Charité bien ordonnée commence par soi-même.

La dernière étape de 8 kilomètres dans les sentiers en lacet a été très difficile. L’air devenait de plus faible densité, mais les vues restaient magnifiques. John et moi sommes arrivés les derniers, au même moment que l’obscurité enveloppait le canyon.

Tous les randonneurs qui descendent au fond du Grand Canyon leur propre histoire à raconter, en fonction de la météo, du conditionnement physique et des attentes. Toutefois, la simple mention de notre randonnée attire l’admiration universelle, autant de la part de ceux qui ont déjà vécu l’expérience que de la part de ceux qui n’attendent que le moment idéal pour la vivre.

Pour la moitié d’entre nous, il s’agissait d’une première descente au fond du Grand Canyon; tandis que pour les trois autres c’était le troisième voyage. D’après le National Park Service, les gens sont impatients d’y retourner ou jurent qu’ils ne le feront plus jamais. Je me situe entre les deux. La randonnée était plus difficile que je ne l’attendais, mais le risque a entraîné des récompenses tangibles : paysages magnifiques, relations familiales renouvelées et sentiment de réussite personnelle.

Malgré les vagues de doute, j’ai vécu une expérience que peu de gens connaissent, et ce, dans un endroit incomparable. Après avoir relevé ce défi, ce navire s’amarrera au port, sans crainte de rouille, avant de partir pour de nouvelles destinations.

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